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On entend parler de plus en plus du BIO qui a envahi certains rayons de quasiment tous les supermarchés. Plus qu’une mode, c’est un vrai engouement pour des consommateurs très vigilants sur ce qu’ils ingèrent. Bien qu’ils ne représentent qu’une part minoritaire du marché, les aliments BIO sont voués à être davantage plébiscités que les aliments conventionnels dans le futur. C’est à mon avis une certitude vu les problèmes économiques, environnementaux et médicaux causés par l’agriculture intensive. Attention, les normes actuelles en BIO sont devenus plus permissives qu’avant, ce qui diminue l’intérêt de manger BIO.

(Avertissements : Je tiens à préciser que tout ce que je vais partager avec vous est à appliquer en plus de vos prescriptions médicales. Demandez toujours l’avis d’un professionnel de la Santé si vous avez un doute ou si vous voulez savoir si mes conseils sont compatibles avec votre situation personnelle. En effet, chaque être humain étant unique, le fonctionnement physiologique du corps peut facilement varier d’une personne à l’autre.)

 

4 types d’agricultures

L’intérêt principal des aliments BIO réside dans l’absence de pesticides sur le produit fini. C’est à partir de ce critère que je vais séparer 4 formes différentes d’agriculture, chacune ayant un label officiel facilement identifiable :

  • Le conventionnel utilise massivement les pesticides, insecticides, OGM, engrais et autres produits chimiques de synthèse afin d’avoir un rendement élevé. La quantité est privilégiée au détriment de la qualité. C’est ce type d’agriculture intensif que nous connaissons depuis 1945.
  • Le raisonné est une version « light » du conventionnel. On peut utiliser grosso modo les mêmes produits chimiques mais en quantités moindre et avec plus d’informations délivrées aux exploitants agricoles. En France, c’est un mode encouragé et encadré par les pouvoirs publics pouvant être certifié.
    certification aliments produits en raisonné
    Label raisonné

    certification d'un vin produit en raisonné
    Label raisonné (vin)

 

  • Le BIO exclut totalement le recours aux produits chimiques de synthèse, aux OGM et à l’irradiation (pour stériliser). Il s’inscrit plus globalement dans le respect de l’environnement et de toutes les formes du vivant. Il est tout de même possible de trouver en BIO des équivalents naturels aux pesticides conventionnels. Le BIO est aussi réglementé par les pouvoirs publics et il existe plusieurs certifications connues liées à ce mode de production.
certification alimentation biologique
Label BIO français
certification alimentation biologique
Label BIO européen
  • La Biodynamie se base sur le BIO classique auquel elle rajoute la prise en compte de l’influence des cycles lunaires et planétaires sur les cultures. On parle ici de considérations spirituelles. En supplément du BIO classique, la Biodynamie cherche à réduire le plus possible les intrants en rendant la ferme la plus autonome possible. Les traitements utilisés sur les plantations sont fabriquées par l’agriculteur lui-même à partir de certaines plantes qu’il cultive à côté. La Biodynamie est aussi certifiée par des organismes indépendants.
certification alimentation biodynamique
Label Biodynamie
certification vins biodynamiques
Label Biodynamie (vin)

 

Résidus de pesticides

Malgré le strict respect des conditions d’utilisation officielles des produits chimiques de synthèse utilisés en conventionnel et en raisonné, on peut mesurer des taux résiduels de pesticides sur les fruits et légumes vendus en supermarchés issues de ces deux filières. Ces traces de pesticides sont surtout présentes sur la peau des aliments, mais il y en a certains qu’on retrouve également à l’intérieur de l’aliment. Bien que les taux mesurés soient tous inférieurs aux taux maximaux autorisés par l’État français, cela reste un gros problème, à plus d’un titre.

En effet, les taux maximaux autorisés correspondent à une exposition de faible durée, vu que les tests en laboratoire ne durent jamais très longtemps (moins de 5 ans). On ne connaît pas officiellement l’influence des résidus de pesticides à très long terme (20 ans et plus). De plus, les taux maximaux autorisés ont été calculés pour chaque produit chimique prit séparément. Aucun test officiel n’a étudié les effets liés à l’interaction de plusieurs pesticides entre eux. Or les mesures réalisées sur les fruits et légumes de supermarché issues du conventionnel et/ou du raisonné ont révélé une liste impressionnante de produits chimiques différents. C’est un véritable cocktail de pesticides qu’on nous fait manger à notre insu et dont on ne connaît pas les effets liés aux interactions et à la durée d’exposition.

Rappelez-vous du slogan « 5 fruits et légumes par jour ». Ça veut dire 5 par jour, tous les jours de l’année. Si vous achetez des produits ayant des résidus de pesticides, vous serez exposés quotidiennement sur une longue durée à des quantités de produits chimiques certes en dessous des normes, mais quand même présents.

Or on soupçonne fortement qu’une exposition prolongée à un cocktail de pesticides est très néfaste pour la santé humaine, même à faibles doses. Cela peut entraîner des problèmes chroniques au niveau dermatologique, neurologique, sanguin, cardiovasculaire, respiratoire, sexuel, hormonale, fœtal et des cancers. C’est le cas pour les consommateurs qui mangent les produits en question et aussi pour les agriculteurs qui utilisent ces produits régulièrement sur leurs cultures. Ces résidus de produits chimiques se retrouvent également dans les sols cultivés et appauvrissent sa richesse en nutriments ainsi que la faune & la flore locale. Plus un sol est cultivé en conventionnel/raisonné, plus il s’appauvrit et plus il a besoin de grandes quantités de produits chimiques pour continuer à produire. C’est un cycle infernal sans fin qui tue nos sols, nos agriculteurs et des consommateurs. Les seuls gagnants sont les industriels produisant ces fameux produits chimiques de synthèse devant être achetés régulièrement (idem avec les OGM).

Il faut également savoir que les pesticides et les OGM peuvent se répandre autour d’un champ conventionnel grâce à l’action du vent. C’est pourquoi on peut trouver des traces de produits chimiques de synthèse dans la nature, en-dehors des champs cultivés. C’est malheureusement aussi le cas dans certains produits BIO ayant été cultivés à côté de champs conventionnels.

 

Faibles taux en micro-nutriments

Le conventionnel et le raisonné sont dans une logique de production de masse au détriment de la qualité. Les industriels ont des critères de sélection basés sur le rendement de production, l’esthétique et la qualité gustative du produit. Par contre, rien n’est pris en compte du point de vue nutritionnel. Les taux de vitamines, minéraux et oligo-éléments des fruits et légumes d’aujourd’hui sont très nettement inférieurs aux taux mesurés en 1950. Le pire, c’est que beaucoup de micro-nutriments se trouvent dans la peau des fruits et légumes. Comme il faut enlever et jeter la peau des aliments conventionnels pour éviter d’avaler les pesticides qui s’y concentrent également, cela fait d’autant moins de micro-nutriments à assimiler.

Cela fait une différence énorme entre les fruits et légumes « conventionnels » et « BIO ». Si vous mangez 5 aliments conventionnels par jour, vous serez moins bien nourris que si vous mangez 5 aliments BIO par jour. En prenant le problème à l’envers, vous pouvez vous nourrir correctement en mangeant peu de produits BIO là où vous auriez eu besoin de beaucoup de produits conventionnels. Bien que les aliments BIO coûtent un peu plus cher que les aliments conventionnels, on a moins besoin d’en acheter. Du coup, les problèmes de porte-monnaie sont réduits, voir supprimés.

Pour avoir des taux de micro-nutriments plus élevés dans nos fruits et légumes, il est nécessaire d’utiliser d’autres méthodes d’agricultures que le conventionnel/raisonné afin d’avoir un sol riches en ces nutriments. Cela passe d’abord par les cultures BIO et Biodynamiques, mais aussi par d’autres façons de penser l’agriculture (permaculture, agroforesterie, agro-écologie, etc.).

 

Le BIO des supermarchés

Les grandes marques d’aliments conventionnels se sont mis elles aussi au BIO afin de profiter de cette nouvelle tendance. La plupart des aliments BIO qu’on trouve dans les supermarchés classiques sont issus des marques conventionnelles. Le BIO étant réputé trop cher, ces marques de grande distribution se sont arrangées pour proposer du BIO avec un surcoût réduit. Pour cela, elles délocalisent généralement la culture de ces aliments BIO dans des pays étrangers à bas coût de main d’œuvre. Or il faut savoir que les normes de culture en BIO sont les mêmes à l’intérieur de toute l’Union Européenne, mais pas à l’extérieur. Du BIO venant d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique n’est pas égal au BIO européen.

Vu cela, il est préférable d’acheter ses aliments BIO dans des chaînes de magasins spécialisés (Biocoop, Naturalia,…) ou dans des magasins spécialisés indépendants. Les magasins Biocoop ont une plateforme d’achat commune qui leur permet d’avoir des réductions sur les prix grâce au volume des commandes. Ils peuvent donc vendre un peu moins cher leurs produits aux consommateurs. Personnellement, j’essaye d’acheter du BIO français ou européen en priorité.

 

Label BIO européen

Les labels BIO français et européens apparaissent toujours ensemble pour que le consommateur s’habitue à la transition entre l’ancien label français et le nouveau label européen. Il y a quelques années, les institutions européennes ont voulu standardiser les normes sur le BIO dans tous les pays membres de l’UE. Comme les grandes marques de distribution classiques ont voulu être de la partie, la normalisation a été faite par le bas, c’est-à-dire que les normes européennes actuelles sur le BIO sont moins restrictives que les anciennes normes françaises. Cela a permis aux grandes marques conventionnelles de produire du BIO en masse, à l’encontre du but initial du BIO.

C’est pourquoi aujourd’hui, acheter BIO me semble être un minimum pour rester en bonne santé. Si vous voulez acheter des aliments BIO équivalents aux anciennes normes françaises ou meilleurs, allez vers le label Demeter qui certifie l’agriculture biodynamique. Lui n’a pas été touché par les directives européennes et reste gage d’une excellente qualité. Le mieux reste tout de même d’acheter du BIO en direct aux petits producteurs locaux, via les AMAP ou La Ruche qui dit Oui par exemple. Si vous avez la main verte, lancez-vous dans la culture de vos propres fruits et légumes BIO en vous fournissant en graines de qualité chez Kokopelli ou Graines de Troc.

 

Mes conseils

Avant de manger des fruits et légumes conventionnels ou raisonnés, lavez-les et épluchez-les tous pour enlever la totalité de la peau. La peau est la partie la plus contaminée par les résidus de pesticides. Sachez toutefois qu’il y aura encore des résidus dans la chair même de l’aliment, bien qu’en moindre quantité que sur la peau. Pour les légumes à feuilles sans peau comme les salades ou les choux, enlevez et jetez les feuilles composant la première couche extérieure.

Je vous encourage vivement à vous mettre au BIO et à vous préoccuper davantage de votre santé. Les aliments BIO des magasins spécialisés sont mieux que ceux vendus en grandes surfaces. Préférez le BIO français en priorité, et le BIO européen en 2ème choix, car les autres pays ont des normes différentes et souvent moins strictes sur le BIO. Pour avoir un produit de qualité plus élevé, achetez des produits biodynamiques ou via les AMAP & La Ruche qui dit Oui. Acheter local est aussi un acte fort en tant que citoyen afin de soutenir le commerce et les activités de notre région.

Vous pouvez manger la peau des fruits et légumes BIO car elle concentre beaucoup de micro-nutriments. Avant cela, il est tout de même conseiller de les laver sous l’eau et de les brosser avec une brosse spécifiquement dédiée à cet usage, afin d’enlever d’éventuels résidus de terre. Je vous ai mis un exemple de brosse ci-dessous qu’on peut trouver dans les magasins spécialisés. Les poils clairs sont souples pour brosser les aliments à la peau fine et fragile. Les poils foncés sont rigides pour brosser les aliments à la peau épaisse et résistante.

brosser la peau des fruits et légumes
Brosse à fruits et légumes

Adopter une alimentation BIO s’inscrit généralement dans une prise de conscience plus globale concernant notre nourriture, comme manger moins de viande par exemple (moins en quantité mais de meilleur qualité). Il est vrai que les produits issus d’animaux (viande, poissons, fromage,…) sont un peu cher en BIO. Ce surcoût est compensé par le fait qu’on en mange moins tout en ayant une bonne qualité d’aliment. A côté, il convient de manger plus de fruits et de légumes qui contiennent davantage de micro-nutriments en BIO. Ce haut taux de nutriments fait qu’on est rassasié plus vite avec une alimentation BIO, donc on mange moins en quantité même avec les fruits et légumes. À la fin, on peut arriver à manger BIO sans modifier son budget courses.

Pourquoi manger BIO ?
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