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Troisième épisode de notre série consacrée à la lutte contre l’utilisation des produits chimiques dans nos logements. Après avoir parlé des additifs alimentaires, je vais aborder ici le cas du plastique. Ou devrais-je plutôt dire « des plastiques » car il en existe un nombre extrêmement grand. Ils diffèrent entre eux de par leurs compositions chimiques. Ces matériaux sont problématiques à plus d’un titre, tant pour l’environnement que pour nous-même.

 

Énergies fossiles

Le plastique est fabriqué à partir de pétrole et de ses dérivés. Les énergies fossiles sont déjà sur-sollicitées pour les besoins en carburants. N’étant pas renouvelables, ces ressources vont se tarir prochainement, très probablement au cours de ce siècle si l’on continue à l’allure actuelle. Tout cela encourage les émissions de gaz à effet de serre.

 

Montagnes de déchets

Le plastique se dégrade vraiment très lentement dans la nature. Notre consommation actuelle de ce matériau, notamment dans le domaine des emballages et des sacs, est bien trop rapide par rapport à sa vitesse de décomposition. C’est pourquoi l’on voit fleurir des montagnes de déchets plastiques à travers la planète, car on ne sait pas quoi en faire. Ces montagnes sont souvent recouvertes de terre afin d’être enfouis pour une durée indéterminée. Dans les pays pauvres, ces montagnes restent à découvert et l’on peut voir circuler les personnes les plus démunis qui tentent de gagner leur vie en recyclant ce qu’ils peuvent.

Pire encore, à force de considérer les mers et les océans comme une poubelle, nos déchets plastiques se sont accumulés au cours de l’histoire dans la quasi-totalité des zones maritimes du globe. Ces déchets peuvent même former des îlots entiers de plastiques dérivant en fonction des courants marins. Actuellement, on sait qu’une grande île de plastique s’est formée au centre de l’océan Pacifique. Parmi la faune aquatique, les prédateurs naturels des méduses confondent les sacs plastiques souples avec leurs proies de prédilection, notamment divers espèces de tortues. Ils se retrouvent donc à avaler du plastique et à mourir dans certains cas à cause de ça. De plus, les gros morceaux de plastique engendrent ce qu’on appelle des « micro-plastiques » du fait de leur décomposition. Ces résidus de plastique, presque invisibles à l’œil nu, se retrouve également à l’intérieur de beaucoup d’espèces d’animaux marins et maximisent ainsi leur propriété de « perturbateurs endocriniens ».

 

Perturbateurs endocriniens

Certains constituants des plastiques les plus utilisés jusqu’à il y a quelques années ont été décrié pour leur effet de perturbateurs endocriniens (dysfonctionnement du système hormonal, en particulier au niveau des hormones sexuelles). Les plus connues dans cette catégorie sont le Bisphénol A (BPA) et les Phtalates. Ces composés ont la fâcheuse manie de migrer vers les aliments en contact avec le plastique, surtout si les aliments sont chauds ou bien acides. Ils se stockent ensuite dans l’organisme. Mais on peut aussi en retrouver dans les eaux en bouteille ou (anciennement) dans les biberons pour bébé. Le problème du plastique, c’est qu’on en trouve partout : dans le revêtement interne des boîtes de conserve afin d’empêcher la migration de particules métalliques vers les aliments, dans les poêle en Téflon, dans les boîtes type « Tupperware » destinées à conserver de la nourriture, etc.

En plus de ça, ces composés ont été classés comme cancérogène (qui aide à l’apparition des cancers). On a aussi noté qu’entre 1950 et l’an 2000, la qualité moyenne du sperme chez les hommes des pays riches a chuté de 50 % en 50 ans. Aujourd’hui en 2016, cette qualité a encore baissée de 15 à 20 % en plus. Ce phénomène est multifactoriel et est dû en partie aux plastiques et aux pesticides.

Ces dernières années, nos dirigeants ont réagi à ce problème en interdisant l’utilisation du Bisphénol A et des Phtalates dans certains produits à risques, mais pas dans tous. Cela donne aux industriels un argument de poids en affichant sur leur packaging « sans Bisphénol A », alors que ses remplaçants sont souvent aussi mauvais que l’original, voire parfois pire. Pour le coup, les différents plastiques actuels restent aussi dangereux qu’avant.

 

Codes d’identification des plastiques

Pour faciliter le recyclage des déchets, un code est utilisé pour indiquer le type de plastique utilisé. Ce code représente un chiffre compris entre 1 et 7 entouré d’un triangle fléché (voir image ci-dessous). Les lettres en bas du triangle sont les initiales de la catégorie de plastique en question.

logo d'identification des plastiques

Retenez bien ceci : les plastiques les plus dangereux pour notre santé sont les n° 1, 3, 6 et 7. Ne les utilisez jamais en cuisine, car des particules de plastique migreraient dans votre nourriture quel que soit l’usage que vous en faites. A l’opposé, les n° 2, 4 et 5 sont à privilégier, car il y a très peu, voire pas du tout, de migration de particules de plastique dans les aliments au contact. Ceci n’est valable que si la température est froide ou à l’ambiance, et si les aliments ne sont pas acides. Si vous faites chauffer votre repas au micro-onde dans une barquette en plastique, il y aura forcément une grosse migration de plastique dans les aliments, et ce quel que soit le chiffre indiqué dans le code d’identification.

 

Mes conseils

Essayez de vous passer le plus possible du plastique en général. C’est la meilleure méthode pour éviter la pollution induite par ce matériau dans nos logements.

A défaut, essayez d’utiliser le moins de plastique possible, surtout dans les ustensiles de cuisine. Privilégiez ceux ayant les codes d’identification 2, 4 et 5.

Dans tous les cas, éloignez vos objets en plastique de toutes sources de chaleur, surtout s’ils sont destinés à contenir votre prochain repas.