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Dans un monde où l’inflation est proche de zéro, où les rendements des placements financiers sont faibles même en acceptant du risque, le plan épargne logement (PEL) faisait figure d’un paradis oublié en 2014. Notre gouvernement ayant jugé intolérable de servir un rendement de 2,5 % garantie sur 10 ans, la rémunération du PEL s’est vue scalpée une première fois en février 2015. Un an après, une nouvelle diminution de son rendement est prévue le 1er février 2016. De quoi faire fuir les épargnants.

 (Avertissements : demandez toujours l’avis d’un professionnel en gestion de patrimoine pour savoir si mes conseils sont compatibles avec votre situation personnelle. En effet, un conseil d’investissement peut être pertinent pour une personne mais pas pour une autre. C’est pourquoi je ne peux pas vous garantir un quelconque résultat.)

 

Plan Épargne Logement (PEL)

1) Plan d’épargne réglementé

Le PEL est un support au fonctionnement très rigide. Le capital est théoriquement garantie et bloqué (les retraits partiels sont interdits). C’est une épargne peu liquide. Le rendement est fixé à l’ouverture du PEL et reste constant tant qu’il est ouvert. Si l’État modifie le rendement, cela affectera uniquement les nouveaux PEL ouverts après cette modification. Les intérêts sont exonérés d’impôts sur les 12 premières années de vie du PEL, et ils sont soumis dès le départ aux prélèvements sociaux (15,5 % sur les intérêts).

 

2) Caractéristiques

Vous ne pouvez ouvrir qu’un PEL par personne. Vous êtes obligé de l’alimenter à hauteur de 45 euros par mois. Vous pouvez placer jusqu’à 61 200 euros de capital. Le rendement du PEL dépend de la date à laquelle il a été ouvert.

Les PEL ouverts avant le 1er février 2015 ont un rendement de 2,50 % brut, soit 2,11 % net après déduction des prélèvements sociaux. Ceux ouverts après le 1er février 2015 ont un rendement de 2 % brut, soit 1,69 % net. Les futurs PEL qui seront ouverts après le 1er février 2016 auront un rendement de 1,50 % brut, soit 1,27 % net.

Pour récupérer l’argent sur votre PEL, vous devez demander sa clôture (ça prend environ 15 jours). Cette demande peut être faite à n’importe quel moment. Vous aurez des pénalités par rapport au prêt logement si vous fermez un PEL de moins de 4 ans. Par contre, le rendement est aligné avec celui du Compte Épargne Logement (CEL) si vous fermez un PEL de moins de 2 ans.

 

3) Prêt épargne logement

Le PEL génère des droits à prêt en fonction des intérêts perçus. Vous pouvez cumuler les droits à prêt de votre PEL avec ceux de votre CEL pour demander un prêt bancaire dans des conditions avantageuses. Ce prêt n’est pas obligatoire. Le prêt pourra être utilisé uniquement en cas d’achat, de construction ou de rénovation d’un logement (neuf ou ancien) destiné à être votre habitation principale. Ce prêt n’est pas intéressant dans le contexte actuel.

 

4) Mon avis

Le PEL est intéressant pour un horizon de placement allant de 4 ans à 12 ans. Or comme la prochaine crise arrive à grands pas, nous ne disposons plus d’une visibilité aussi longue. Le prêt logement me parait aussi très peu attrayant.

L’inflation moyenne sur l’année 2015 a été de 0 %, donc tout rendement supérieur à 0 % a permis de réellement gagner de l’argent sur cette année. Un PEL à 2,11 % net est donc excellent avec une inflation nulle. Par contre, si l’inflation annuelle dépasse 2,11 %, alors là vous perdez de l’argent.

Je trouve ce placement relativement intéressant si vous avez un vieux PEL de plus de 2 ans (souscrit avant le 1er février 2015). Par contre, il me semble inutile d’en ouvrir un nouveau si vous n’en avez pas.

La rigidité du PEL et son horizon de placement à 10 ans me parait être un obstacle à ne pas négliger alors que nous sommes proches d’une nouvelle crise économique plus grave que celle de 2008.

 

Compte Épargne Logement (CEL)

Le CEL est très similaire aux livrets réglementés. Ce qui change, ce sont les intérêts exonérés d’impôts MAIS soumis aux prélèvements sociaux (15,5 % sur les intérêts). Son utilisation est de plus légèrement moins souple que les livrets réglementés. Vous pouvez y placer un capital maximal de 15 300 euros. Son rendement est égale à 2/3 du Livret A, arrondie au quart de point le plus proche. Début 2016, il était de 0,50 % brut, soit 0,42 % net après déduction des prélèvements sociaux.

 

Mon avis

 Je trouve ce placement très peu intéressant car il est moins flexible et moins rémunérateur qu’un Livret A. De plus, le prêt logement qu’on peut faire derrière ne compense pas les défauts du placement. Je pense qu’il vaut mieux clôturer son CEL ou bien ne pas en ouvrir.

 

Mes conseils

Si votre PEL a été ouvert avant le 1er février 2015, vous pouvez le garder, car son rendement net de 2,11 % est très intéressant. Si votre PEL est âgé de plus de 12 ans, vérifiez son rendement net, car les intérêts sont soumis à l’impôt sur le revenu et dépendent donc de votre TMI (tranche marginale d’imposition). Si vous arrivez à un rendement net de 2 % ou plus, c’est bon. Sinon, fermez-le.

Plus généralement, faites en sorte que votre PEL ne représente pas une trop grosse partie de votre patrimoine global. Si votre PEL est votre plus gros placement par exemple, même avec un rendement de 2,11 % net, je vous conseille plutôt de le fermer dès maintenant. C’est très bien de chercher du rendement, mais avec la crise qui s’annonce, il vaut mieux privilégier la conservation et la sécurisation de votre épargne. Ne rien perdre, c’est déjà très bien en cas de problème. Placez cet argent en-dehors des banques et en-dehors des assurances, sur des supports tangibles et réels.