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Sujet de tous les phantasmes, le marché des actions (la Bourse) est le lieu privilégié des spéculateurs. C’est ici qu’on peut réaliser des rendements importants en prenant beaucoup de risques. Attention, ne vous laissez pas séduire par les formules magiques qu’on trouve sur internet et qui vous promettent de gagner rapidement de l’argent. Les conseilleurs ne sont pas les acheteurs (parfois, ce sont même des arnaques). Les conseillers en Bourse gagnent leur vie majoritairement grâce aux frais qu’ils encaissent en échange de leurs pseudo-conseils, pas grâce à leurs propres investissements. Dites-vous que les actions ne peuvent pas à elles seules vous rendre riche. Investissez en actions uniquement ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Et surtout, investissez uniquement dans ce que vous comprenez.

(Avertissements : demandez toujours l’avis d’un professionnel en gestion de patrimoine pour savoir si mes conseils sont compatibles avec votre situation personnelle. En effet, un conseil d’investissement peut être pertinent pour une personne mais pas pour une autre. C’est pourquoi je ne peux pas vous garantir un quelconque résultat.)

 

Types d’actions

1) En directe

Les actions en directe permettent d’acheter une part d’une société bien précise. Par exemple, je peux acheter une action « Total » qui représente un titre de propriété de la société française du même nom.

 

2) Fonds communs

Les fonds communs ont déjà été abordés dans l’article sur les assurances-vie, à propos des unités de compte. Ils offrent une diversification sur plusieurs actions au prix d’une gestion active par des intermédiaires. Ce sont les OPCVM / SICAV / FCP bourrés de frais de gestion qui plombent le rendement annuel.

 

3) Les produits dérivés et structurés

Ce sont ces produits que les spéculateurs professionnels utilisent massivement : forwards, futures, swaps, options, warrants, turbos, shorts, leverage, etc. Ce sont des produits très complexes et à très haut risque. Je vous conseille de ne jamais y toucher, sauf si vous vous êtes bien formé dessus et que vous comprenez parfaitement leur fonctionnement.

 

4) Non-cotées

Les actions cotées en Bourse peuvent être achetées et vendues par n’importe qui, à n’importe quel moment. Les particuliers doivent obligatoirement passer par un intermédiaire (banque, assureur ou courtier) afin d’acheter ces actions cotées.

A l’inverse, il existe tout un marché parallèle d’actions non-cotées. Les sociétés concernées sont généralement plus petites que celles qui sont en Bourse. La société non-cotée a plus de contrôle sur les achats et les ventes de ses actions. Il n’y a pas de cotation officielle qui change toutes les microsecondes. Le particulier peut acheter ce type d’actions directement auprès de la société, sans passer par un intermédiaire.

 

Supports pour conserver ses actions

1) Assurance-vie

Les assurances-vie proposent principalement des actions sous forme de fonds communs. Quelques-unes proposent des trackers, la version moins chère des fonds communs. Les autres types d’actions ne sont jamais présents dans ce support.

 

2) Compte-Titres Ordinaire (CTO)

C’est la version la plus simple pour loger ses actions cotées en Bourse. Le CTO peut accueillir toutes les formes d’actions, de tous les pays de la planète. Il peut également stocker des obligations, des SCPI, des OPCI, des SIIC, des parts de SCS/SCI, etc.

Le point négatif du CTO, c’est qu’il possède la fiscalité la plus lourde. Toutes les actions d’achats, de ventes et de versement des dividendes se font en interaction directe avec votre compte courant standard. A chaque fois que vous sortez de l’argent du CTO vers le compte courant, boum !, des taxes et des impôts à payer tout de suite.

 

3) Plan d’Épargne en Actions (PEA)

Le PEA est constitué de deux supports : un compte espèces (équivalent à un compte courant) et un compte-titres (équivalent au CTO). Dans un PEA, on peut acheter uniquement des actions de sociétés françaises ou ayant leur siège social dans l’Union Européenne ainsi qu’en Norvège & Islande, soumises à l’impôt sur les sociétés (IS). Il est possible d’avoir dans un PEA des actions en directe, en fonds communs (classiques et trackers) et non-cotées. On peut placer jusqu’à 150 000 euros de capital dans un PEA, à raison d’un PEA par personne.

L’avantage du PEA sur le CTO, c’est qu’il bénéficie d’une fiscalité plus intéressante si vous attendez au moins 5 ans avant de retirer de l’argent. Idéalement, il est même mieux d’attendre 8 ans comme avec l’assurance-vie. Avant ce délai de 5 ans, vous pouvez quand même toucher des dividendes et vendre des actions si l’argent transite uniquement entre le compte-titres et le compte espèce spécifique du PEA.

 

4) PEA-PME

Le PEA-PME est équivalent au PEA classique. On peut y placer un capital maximal de 75 000 euros et les actions achetées doivent correspondre à des petites et moyennes entreprises ou des entreprises de taille intermédiaire. Il y a la même fiscalité et les mêmes conditions géographiques. Vous pouvez avoir un PEA classique et un PEA-PME dans deux banques différentes.

 

5) Nominatif pur

Afin d’éviter les intermédiaires (moins de frais / moins de risques), vous pouvez acheter des actions en directe au nominatif pur qui seront directement gérées par la société émettrice de ces actions. Par exemple, je peux acheter des actions Air Liquide et les loger dans un CTO géré par Air Liquide. Cela permet de détenir des actions en-dehors du système bancaire. C’est donc plus sûr en cas de crise économique grave. Par contre, c’est la fiscalité du CTO qui s’applique. Certaines entreprises gratifient leurs actionnaires au nominatif pur d’un dividende plus élevé que la normale, afin de compenser en partie la fiscalité désavantageuse du CTO. C’est le cas notamment d’Air Liquide qui est très connu pour ça.

 

Mes conseils

1) pour investir

Privilégiez les supports à fiscalité avantageuse si vous avez un intermédiaire, tel que l’assurance-vie (assureurs) pour les fonds communs et le PEA classique (banquier) pour investir en direct. Dans ce cas, préférez une banque en ligne (ou équivalent) car les frais de Bourse seront moins chers que dans une banque physique. Si vous ouvrez un PEA, choisissez plutôt la version classique en priorité. Le PEA-PME est conseillé uniquement pour ceux qui ont déjà atteint le plafond des 150 000 euros de la version classique. De plus, le nombre d’entreprises disponibles est plus restreint dans le PEA-PME. Les actions des PME sont plus risquées que celles des grands groupes.

Le CTO est par contre obligatoire si vous voulez investir dans des actions étrangères hors-UE. Il est possible de contourner cela via des trackers dans un PEA classique, mais ce n’est pas sans risques. Si vous êtes intéressés, je vous conseille d’ouvrir un CTO chez Interactive Brokers car c’est le plus grand courtier international proposant le plus de marchés et de produits boursiers.

Voici une astuce permettant de réduire l’influence de la variation de la Bourse sur vos investissements en actions dans une optique de long terme. Au lieu d’acheter beaucoup d’actions en une seule fois, achetez plutôt par petites quantités régulièrement (tous les mois par exemple). Comme à chaque fois le prix de l’action sera différent, vous moyennez le prix d’achats afin de lisser les variations liées à la Bourse. Cette technique permet de moins souffrir si la Bourse baisse, dans une certaine mesure.

 

2) en prévision de la prochaine crise

Le marché des actions est actuellement (début 2016) dans une bulle spéculative encore plus grosse que celle de 2007-2008. C’est pareil pour les obligations (dette des États = fonds euros des assurances-vie). C’est pourquoi je vous recommande de ne surtout pas investir dans les actions et les obligations actuellement (sauf si vous savez parfaitement ce que vous faites). Si vous en avez, vendez-les maintenant avant que la bulle spéculative éclate lors de la prochaine crise financière.

Maintenant, si vous voulez quand même en acheter dès aujourd’hui, préférez les actions au nominatif pur des entreprises les plus solides. En cas de crise, la valeur de vos actions va beaucoup chuter mais au moins vous serez sûr de toujours posséder vos actions (sauf si l’entreprise met la clé sous la porte). Les actions de la société Air Liquide sont réputées comme étant un actif défensif encaissant relativement mieux les crises que les autres entreprises.