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Le jeûne est pratiqué depuis très longtemps comme un traitement à diverses maladies ou problèmes de santé. Loin d’être anecdotique, cette pratique se révèle être un remède universel à pratiquement tous nos problèmes physiques. Très facile à mettre en œuvre et abordable par tout le monde, c’est une alternative intéressante pour ceux qui n’ont pas les moyens de profiter de notre médecine moderne à deux vitesses. Comme il existe plusieurs formes de jeûne, je vous livre ici mes recommandations pour bien débuter si vous n’avez encore jamais essayé.

(Avertissements : Je tiens à préciser que tout ce que je vais partager avec vous est à appliquer en plus de vos prescriptions médicales. Demandez toujours l’avis d’un professionnel de la Santé si vous avez un doute ou si vous voulez savoir si mes conseils sont compatibles avec votre situation personnelle. En effet, chaque être humain étant unique, le fonctionnement physiologique du corps peut facilement varier d’une personne à l’autre.)

 

L’homéostasie

L’homéostasie est la capacité de notre corps à revenir à son point d’équilibre après avoir subi un stress dont l’intensité est inférieure à notre capacité d’adaptation. C’est par l’action de l’homéostasie que le corps humain peut se détoxifier tout seul à travers ses émonctoires (foie, reins, poumons, intestins et peau), sans avoir besoin d’une aide extérieure. Cependant, l’énergie nerveuse qu’on dépense dans la digestion et les activités physiques ou intellectuelles sont prioritaires par rapport à l’homéostasie. Afin de laisser son organisme se réparer tout seul, il va falloir diminuer les dépenses énergétiques des trois premiers postes. Ralentir son rythme de vie, méditer, faire des exercices de respiration, se reposer, bien dormir, lâcher-prise, être au contact de la nature, vivre pleinement le moment présent, avoir des pensées positives, et surtout faire peu de sport permettent de diminuer les dépenses dans les activités physiques et intellectuelles. En parallèle, le jeûne va supprimer les dépenses liées à la digestion. C’est ainsi que vous pourrez activer votre homéostasie afin d’aider votre organisme à s’auto-réparer.

 

Les bienfaits du jeûne

Durant un jeûne, le corps va se nourrir de ses réserves. Certaines personnes bien entraînées arrivent à jeûner pendant 30 à 40 jours d’affilés, ce qui démontre l’importance de nos réserves et la non-dangerosité du jeûne. D’ailleurs, le corps humain est conçue depuis les temps préhistoriques pour subir une alternance de périodes fastes et de périodes de disette. La recrudescence des maladies de pays riches que l’on constate de nos jours est en partie due à notre surconsommation alimentaire permanente, sans périodes creuses. Notre corps est très intelligent car en début de jeûne, il va commencer par se nourrir des cellules internes du corps qui sont en mauvais état (exemple : cellules déréglées, cellules cancéreuses, etc.) tout en laissant tranquille les cellules saines. Il va en résulter un processus de nettoyage interne en profondeur, ce qui va relancer le fonctionnement normal des organes. Parmi ceux-ci, les émonctoires vont pouvoir mieux éliminer les déchets et participer au grand nettoyage. Les kilos de graisse en trop seront alors consommés ou évacués, tout comme les résidus de produits chimiques (pesticides, additifs alimentaires, métaux lourds, …). Quel que soit votre souci de santé, il sera très probablement réglé par une série plus ou moins longue de plusieurs jeûnes espacés.

Le jeûne est universel car faisable par tout le monde. Il ne demande pas d’acheter quoi que ce soit, et permet de faire des économies sur le budget nourriture. C’est là un outil puissant de liberté.

 

Comment débuter dans le jeûne ?

Si vous n’avez pas l’habitude de jeûner, commencez d’abord par vous documenter sur le sujet. Avant même de commencer, il est important d’être convaincu que le jeûne sera bénéfique pour vous. En effet, jeûner demande de l’implication de votre part. Si vous êtes contraint par quelqu’un d’extérieur ou si vous avez peur, il y a de grandes chances pour ça ne marche pas. La démarche doit venir de votre for intérieur car vous allez devoir apprendre à vous connaître et apprendre à communiquer avec votre corps physique. Je précise que vous n’avez pas besoin d’être suivie par un expert pour appliquer cette technique.

La meilleur méthode est celle des petits pas, c’est-à-dire qu’il faut commencer doucement par un jeûne court (exemple : 1/2 journée) afin de se tester. Plus tard, vous pourrez en faire un deuxième un peu plus long (exemple : 1 journée) afin de repousser vos limites. L’important, c’est d’aller à son propre rythme et de s’écouter. Si vous sentez que ça ne va pas au bout de 5 heures alors que vous vous étiez fixé un objectif de 10 heures consécutives de jeûne, alors stoppez là et revoyez vos objectifs à la baisse. Petit à petit, vous arriverez à tenir un peu plus longtemps à chaque fois, jusqu’à atteindre plusieurs jours d’affilés.

 

1) les jeûnes courts et intermittents

Pour démarrer, essayez le jeûne de 16 heures en sautant le petit-déjeuner pour prolonger le jeûne de la nuit et ne manger qu’à partir de 12h. C’est le plus facile car la durée est courte et notre système digestif est globalement plus performant l’après-midi que le matin. Quand vous serez à l’aise, essayez de le pratiquer tous les matins pendant 1 semaine, puis plus longtemps encore. Si possible, faites-en une habitude de vie en le pratiquant tout le temps, ça vous sera d’un grand bénéfice pour votre santé.

Supposons que vous ayez besoin de 2000 calories par jour pour fonctionner normalement. L’astuce consiste à consommer ces 2000 calories réparties en deux repas (midi et soir) plutôt qu’en trois. C’est donc un jeûne qui n’est pas associé à une restriction calorique, car cela ne marcherait pas. En effet, votre métabolisme s’adapte à la restriction au bout d’un moment et en diminue les effets. L’important, c’est donc la fréquence des repas plutôt que la diminution des calories absorbées. Faire moins de repas, c’est baisser la fréquence de production d’insuline, donc baisser les phases de stockage et augmenter les phases de déstockage.

Si vous parvenez jusque là, la prochaine étape sera de consommer vos 2000 calories par jour en un seul repas (le soir) au lieu de deux, puis de le faire chaque jour. Cela va encore augmenter le temps de jeûne et ses bénéfices. La technique pour faire un seul repas à 2000 calories, c’est de consommer principalement des bonnes graisses et des aliments sains. A poids égal, il y a environ deux fois plus de calories dans les lipides que dans les glucides. Pour bien digérer un aussi gros repas, étalez-le sur 2 ou 3 heures d’affilées tout en prévoyant une marge pour ne pas vous coucher avec l’estomac plein. Ne vous inquiétez pas, le système digestif est tout à fait capable de digérer autant de nourriture en un seul repas, à condition qu’il n’ait pas travaillé tout le reste de la journée.

 

2) les jeûnes longs et ponctuels

Après vous être entraîné sur des durées courtes, vous pourrez passer ensuite à des jeûnes plus longs. Typiquement, il serait intéressant de jeûner pendant 24 heures d’affilées une fois par semaine, ou pendant 3 jours d’affilés une fois par mois, ou pendant 7 jours d’affilés une fois par trimestre. Après, c’est à vous de voir. Ces jeûnes-là n’ont pas besoin d’être réalisés fréquemment car ils durent plus longtemps et puisent davantage dans les réserves. Par exemple, on peut jeûner pendant 24 heures pour faire partir plus vite un rhume. Si vous chopez la grippe en hiver, essayez de jeûner jusqu’à ce qu’elle parte, en fonction de vos possibilités. D’ailleurs, en général on n’a pas très faim quand on a ce genre de maladie. Se forcer à manger du riz blanc ne sert à rien, c’est même contre-productif. Ne rien manger va aider votre corps à combattre plus efficacement la maladie. Vous pouvez également sauter un repas avant ou après un repas de fête comme à Noël afin de mieux digérer le fois gras et la bûche.

Si vous souhaitez débuter directement par des jeûnes longs sans être habitué aux jeûnes courts, alors il vaut mieux se faire suivre par un expert, qu’il soit issue du milieu médical ou spécialiste des jeûnes longs. Si une personne est dans un état de grande fatigue, il faut absolument qu’elle évite les jeûnes longs et se concentre sur les jeûnes très courts, voire pas de jeûne du tout. C’est la seule contre-indication.

Dans le cadre d’un jeûne long de plus de 3 jours, vous pourrez distinguer 2 phases différentes. La première va du 1er au 3ème jour (environ) et est caractérisée par une acidose : votre corps évacue sont trop plein d’acidité, ce qui entraîne des symptômes de nettoyage spécifiques au jeûne. Vous avez l’impression d’aller mal tout en ayant de la difficulté à supporter la faim, alors qu’en fait, ce sont-là des signes que votre corps est en train de se nettoyer. La deuxième phase débute au 3 ou 4ème jour : les symptômes diminuent en intensité, vous vous sentez mieux et vous n’êtes plus tenaillé par la faim. Votre corps libère des corps cétoniques, ce qui entraîne une mauvaise haleine, mais rien de grave car c’est le processus normal.

Si vous voulez vous lancer dans un jeûne long de 7 jours par exemple, il va falloir le préparer en amont et en aval. Je vous recommande de ne surtout pas arrêter de manger du jour au lendemain. Il faut amener le jeûne par une période de transition d’une durée de 7 jours également où l’on va progressivement arrêter la viande/le gluten/les produits laitiers dans un premier temps, puis les autres produits d’origine animale, les céréales/légumineuses ensuite, et les fruits & légumes en dernier. Après le jeûne, il faut recommencer à manger petit à petit sur une autre période de 7 jours en inversant les aliments (commencer par fruits/légumes, terminer par viande/gluten/lait).

 

3) le jeûne sec

Tout ce qui vient d’être décrit jusqu’à présent concerne le jeûne à l’eau où l’on continue de boire. Ici, on va également arrêter de boire. En effet, le corps doit également fournir de l’énergie pour gérer l’eau qu’on boit et l’évacuer. Certains conseillent de boire beaucoup d’eau durant un jeûne, moi je pense que c’est une erreur car cela n’apporte pas grand chose, mise à part le fait d’uriner plus. Le corps n’a pas besoin qu’on lui envoie tout ce surplus d’eau qu’il galère à évacuer. Boire uniquement selon votre soif est déjà mieux. Mais ne pas boire du tout est encore mieux. Il faut savoir que le corps possède des réserves d’eau en plus de ses réserves de nutriments. Il pourra donc puiser dedans lors d’un jeûne sec. De plus, le fait de boire stimule la production des sucs gastriques de l’estomac, ce qui aggrave la sensation de faim.

L’intérêt du jeûne sec est double. D’abord, on ressent bien moins les symptômes décris pour le jeûne à l’eau. Et la détoxification est bien plus rapide. Le ratio est même impressionnant : 1 jour de jeûne sec équivaut à 3 jours de jeûne à l’eau. Du coup, vous pouvez vous contenter d’un jeûne court intermittent boosté par le fait de ne pas boire. Là encore, il faut y aller progressivement. Commencez par 16h à sec, puis à sec jusqu’au soir, etc. Personnellement, j’ai déjà fait deux jeûnes sec de 24 heures chacun sans aucun problème. Après on est tous différents avec de limites différentes. Faites attention avec les jeûnes secs de plus d’un jour, cela est réservé pour les jeûneurs très aguerris. Le record est bien moindre qu’en jeûne à l’eau.

 

 Si vous avez des questions ou si vous voulez partager votre expérience de jeûneur, dites-le moi dans les commentaires !