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Pour débuter le tour d’horizon des supports financiers permettant de placer votre argent, je vais parler ici du livret réglementé (Livret A, LDD, LEP, Livret Jeune). La bonne maîtrise de ces livrets sera votre socle pour aller plus loin ensuite.

Au cours de mes articles sur le patrimoine, je vais beaucoup parler de la notion de « dé-bancarisation » comme protection face aux crises économiques. Cela implique de clôturer des comptes et de retirer une partie de votre argent du système bancaire. Il n’est pas possible de se passer complètement des banques, c’est pourquoi je recommande de garder au moins un minimum vital sur un livret réglementé.

(Avertissements : demandez toujours l’avis d’un professionnel en gestion de patrimoine pour savoir si mes conseils sont compatibles avec votre situation personnelle. En effet, un conseil d’investissement peut être pertinent pour une personne mais pas pour une autre. C’est pourquoi je ne peux pas vous garantir un quelconque résultat.)

 

Comptes d’épargne réglementés par l’État

Tous les livrets réglementés sont des comptes d’épargne ouvrables auprès de n’importe quelle banque physique (renseignez-vous car les banques en ligne peuvent n’en proposer qu’une partie). On ne peut pas effectuer directement des paiements avec eux (chèques / CB / retraits en cash / prélèvements automatiques sont interdits, sauf cas exceptionnels). Vous devez donc avoir un compte courant à côté pour gérer toutes vos dépenses. Il n’y a aucune obligation de versement sur ces livrets, que ce soit par rapport au montant ou à la fréquence. Il est totalement impossible d’être à découvert sur un livret.

Les intérêts sont totalement exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux. L’argent placé sur ces livrets réglementés est théoriquement garanti par l’État. Ce sont des placements très liquides. Les retraits et versements sont très vite pris en compte par la banque. Cette liquidité permet de parer aux cas d’urgence imprévus. Le rendement est fixé par l’État et est susceptible de changer en cours d’année.

 

Livret A

Vous ne pouvez avoir qu’un Livret A par personne. Vous pouvez y placer un capital maximal de 22 950 euros. Le rendement du Livret A est au minimum supérieur de 0,25 % à l’inflation officielle. En janvier 2016, ce rendement est de 0,75 % net. L’argent placé sur un Livret A permet à l’État d’aidé le secteur du logement social en accordant des prêts.

 

Livret de Développement Durable (LDD)

Vous ne pouvez avoir qu’un LDD par personne et maximum deux par foyer fiscal. Vous pouvez y placer un capital maximal de 12 000 euros. Le rendement du LDD est égale à celui du Livret A. L’argent placé sur un LDD permet d’aider aux travaux d’économies d’énergies des particuliers dans les bâtiments anciens, ainsi qu’aux financements des petites et moyennes entreprises (PME).

 

Livret d’Épargne Populaire (LEP)

Vous ne pouvez avoir qu’un LEP par personne et maximum deux par foyer fiscal. Vous pouvez y placer un capital maximal de 7 700 euros. Le rendement du LEP est égale à 0,50 % + le rendement du Livret A.

Pour être éligible au LEP, votre dernier revenu fiscal de référence (lié à l’impôt sur le revenu) doit être inférieur au plafond de revenus imposé par l’État. Ce plafond dépend du quotient familial de votre foyer fiscal. Par exemple, pour une personne seule en janvier 2016, le plafond est de 19 255 euros. Vous trouverez des informations plus précises sur le site service-public.fr

 

Livret Jeune

Vous ne pouvez avoir qu’un Livret Jeune par personne, si vous êtes âgés de 12 à 25 ans. Vous pouvez y placer un capital maximal de 1 600 euros. Le rendement du Livret Jeune est fixé librement par les banques, mais il doit être au moins égale à celui du Livret A. En pratique, le rendement est différent d’une banque à l’autre et peut aller de 1,75 % à 3,25 % (moyenne sur l’année 2015). A vous de comparer.

 

Comment bien les utiliser ?

1) Projets

Cet aspect a déjà été évoqué dans l’article Prenez en main vos finances personnelles en tenant un budget, au chapitre « Épargne court terme ».

 

2) Épargne de précaution

Il est recommandé d’avoir en permanence une épargne de précaution en cas de coups durs équivalent à environ 3 fois votre salaire net (ou bien 6 fois vos dépenses fixes incompressibles). Vous n’êtes pas obligés de suivre cette règle à la lettre, c’est juste pour vous donner un ordre d’idée. A vous de fixer le montant suffisant pour vous sentir en sécurité.

C’est une assurance anti-imprévue nécessitant une somme d’argent assez importante à avancer rapidement. Attendez d’avoir constitué votre épargne de précaution avant de démarrer vos investissements à long terme nécessitant une situation financière solide à la base. Si vous êtes amenés à utiliser une partie de cette assurance, assurez-vous de la reconstituer dans les prochains mois.

Comme votre épargne de précaution est stockée sur un livret réglementé à capital garantie et très liquide, vous avez là une sécurité financière assez fiable. Bien entendu, ce ne sera pas suffisant en cas de crise grave.

 

Mes conseils

Commencez par vous renseigner pour savoir si vous êtes éligibles au Livret Jeune et au LEP. Si oui, ouvrez-en en priorité un Livret Jeune, à défaut un LEP. Sinon, ouvrez un Livret A ou un LDD (n’en ouvrez qu’un parmi ces 4 possibilités). Placez dessus votre épargne de précaution qui doit être suffisante pour votre vie actuelle mais pas trop importante en vue de la crise à venir.

Pour plus de sécurité, vous pouvez loger votre épargne de précaution dans un compte courant ouvert auprès d’une banque fiable qui résistera mieux à la crise. En effet, les comptes courants dans les grosses banques sont susceptibles d’être ponctionnés par ladite banque, alors que les livrets réglementés sont susceptibles d’être ponctionnés par l’État lui-même.