C’est le placement préféré des français. A lui tout seul, il pèse pas moins de 1 400 milliards d’euros. C’est aussi un moyen alternatif de transmission de patrimoine. Les assurances – vie étaient une très bonne idée durant les 30 dernières années, mais aujourd’hui ce sont des bombes à retardement.

(Avertissements : demandez toujours l’avis d’un professionnel en gestion de patrimoine pour savoir si mes conseils sont compatibles avec votre situation personnelle. En effet, un conseil d’investissement peut être pertinent pour une personne mais pas pour une autre. C’est pourquoi je ne peux pas vous garantir un quelconque résultat.)

 

Caractéristiques

L’assurance-vie n’est pas un support financier, c’est une enveloppe fiscale dans laquelle on peut mettre beaucoup de choses très différentes. On peut en ouvrir auprès des banques physiques et en ligne, ainsi qu’auprès des assureurs et autres courtiers. Vous pouvez en ouvrir autant que vous voulez. Fondamentalement, il existe deux types de supports financiers qu’on peut trouver à l’intérieur : le fond euros et les unités de compte.

 

1) Le fond euros

Le fond euros correspond à la partie « sécurité » de l’assurance-vie. Le capital est garanti et le rendement annuel tourne autour de 2,5 à 3,5 % selon votre assureur. Ce fond euros est investi par l’assureur majoritairement dans des obligations d’États européens, principalement de notre pays : la France. Le fond euros est le plus utilisé par les épargnants français car il est très stable par rapport aux unités de compte.

 

2) Les unités de compte

Les unités de compte correspondent à la partie « risque » de l’assurance-vie. Le capital n’est pas garanti et le rendement varie en fonction des choix d’investissement et du risque que l’épargnant est prêt à courir. Vous pouvez choisir vous-même vos unités de compte, ou bien vous pouvez souscrire à un mandat de gestion auprès de votre assureur qui se chargera lui-même de choisir les supports d’investissement en fonction de votre stratégie globale.

Attention, les unités de compte sont principalement constituées d’actions et d’obligations cotées en Bourse. On appelle cela des OPCVM, des SICAV ou des FCP. Si vous choisissez d’investir sur un FCP intitulé « secteur informatique » par exemple, vous allez donner votre argent à un deuxième intermédiaire qui gère activement ce FCP en achetant des actions de plusieurs entreprises ayant une activité dans le secteur informatique de par le monde. Cela vous permet de diversifier votre placement en ne choisissant qu’un seul support, le FCP se chargeant de diversifier à votre place. L’assureur, votre premier intermédiaire, vous garantit le nombre de parts du FCP que vous avez acheté, mais la valeur de ces parts fluctue en fonction de la Bourse.

 

3) Les frais

Les contrats d’assurance-vie comportent plusieurs sources de frais qu’il faut bien connaître et maîtriser, car ils sont la principale cause de perte de rendement. Au lieu de prendre plus de risques pour avoir plus de rendement, faite plutôt la chasse aux frais trop élevés.

Globalement, tous les types de frais sont trop élevés dans les assurances-vie des banques physiques. Mieux vaut les contrats qu’on peut souscrire auprès des banques/assureurs en ligne.

Les frais sur versement peuvent facilement se trouver à 0 % dans les contrats en ligne (frais prélevés à chaque fois que vous alimentez votre assurance-vie depuis votre compte courant). Les contrats d’assurance-vie demandent souvent un minimum de versement à l’ouverture. Par contre, il n’y a aucune limite de montant maximal.

Les frais d’arbitrage peuvent facilement se trouver à 0 ou 0,2 % dans les contrats en ligne (frais prélevés à chaque fois que vous changez de support d’investissement en restant à l’intérieur de votre assurance-vie).

Les frais de gestion peuvent facilement se trouver à 0,75 % ou moins dans les contrats en ligne (frais prélevés annuellement par votre premier intermédiaire sur chacun des supports d’investissement que vous avez choisi à l’intérieur de votre assurance-vie).

Les frais de gestion des OPCVM / SICAV / FCP peuvent être de l’ordre de 2 % (frais prélevés annuellement par votre deuxième intermédiaire sur les unités de compte de votre assurance-vie).

Les frais de retrait sont normalement toujours à 0 % (quand vous voulez vendre tout ou partie d’un support afin de sortir de l’argent de votre assurance-vie).

 

4) La fiscalité

Les intérêts sont soumis aux prélèvements sociaux chaque année et à l’impôt sur le revenu au moment où vous retirer de l’argent de votre assurance-vie. Il existe un abattement qui rend fiscalement intéressant l’assurance-vie 8 ans après son ouverture. C’est donc un placement à long terme. Il n’y a pas d’impôt si vous faite un arbitrage.

 

5) La succession

Dès son ouverture, vous devez désigner le ou les bénéficiaires de votre assurance-vie en cas de décès (vous pourrez changer de bénéficiaire comme bon vous semble après l’ouverture). Sachez que vous avez un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire sur lequel il n’y a pas de frais de succession, quel que soit la nature du lien que vous avez avec vos bénéficiaires. C’est là un moyen très commode pour anticiper sa propre succession tout en minimisant les droits de succession que vos héritiers devront payer à l’Etat. C’est particulièrement le cas si vous voulez transmettre une partie de votre héritage à une personne ne faisant pas partie de votre famille proche.

 

Mes conseils

1) Des unités de compte plus rentables

Au lieu de mettre votre argent dans des OPCVM / SICAV / FCP bourrés de frais trop gros pour être rentables, regardez plutôt les ETF ou Trackers. Ce sont des fonds similaires aux FCP mais gérés passivement par des ordinateurs dont l’objectif est de suivre l’évolution du marché au lieu de vouloir le surpasser. Ces trackers ont des frais de gestion bien plus faibles, de l’ordre de 0,5 % par an, ce qui le rend plus rentables.

Certains contrats d’assurance-vie peuvent aussi proposer parmi ses unités de compte des SCPI. C’est de l’investissement immobilier dans la location de locaux pour les entreprises et les commerces dont les rendements actuels sont autour de 5 %. C’est là aussi un choix plus intéressant qui est rentable sur une durée de 10 ans au moins.

 

2) Les fonds euros sont gravement menacés

Le fond euros contient beaucoup d’obligations d’États européens et français. Une obligation, c’est une dette. Donc un épargnant avec une assurance-vie investie principalement sur le fond euro détient de la dette de notre pays et des pays voisins.

Sachez que l’État français est actuellement endetté à presque 100% de notre PIB, que c’est le plus haut taux d’endettement de l’histoire de notre pays depuis 1945, et que c’est aussi le cas de presque tous nos voisins européens. La prochaine crise économique qui arrive à grands pas sera principalement due au surendettement des pays riches. Autant dire que s’il y a un effacement de la dette française, ce sera pour votre pomme si vous aviez une partie de cette dette.

 

3) Des assurances-vie non-réclamés après le décès

Les assureurs peuvent parfois traîner des pieds pour trouver les bénéficiaires d’une assurance-vie suite au décès de l’assuré. En effet dans ce cas, l’assureur garde pour lui les intérêts générés par le capital du défunt. Et si l’assurance-vie n’est pas réclamée dans les 10 ans qui suivent le décès, c’est l’État qui récupère le capital.

Pour ne pas vous faire pigeonner, vous pouvez vous faire connaître auprès de l’AGIRA afin de savoir si vous êtes enregistré comme bénéficiaire d’une assurance-vie.

 

4) Fuyez l’assurance-vie !

Depuis le 1er janvier 2016, une directive européenne retranscrite dans notre droit français interdit aux gouvernements de s’endetter à nouveau pour renflouer les banques et les assureurs si ceux-ci ont un problème. Les banques et les assureurs seront à la place renfloués par l’argent des épargnants en priorité. C’est la directive BRRD qui légalise donc la ponction des comptes bancaires des citoyens français avec l’accord de notre gouvernement.

Que vous ayez de l’argent sur un livret A, un PEL ou une assurance-vie (fond euros et unités de compte), cet argent est en fait en possession de votre banque ou de votre assureur. Vous n’avez en réalité qu’une promesse de dette de votre banque en main. Si cet intermédiaire fait faillite, votre argent va partir en fumée.

Je vous laisse méditer sur ce dernier constat : la dette totale de la France est d’environ 2 000 milliards d’euros. L’argent des épargnants français placé dans les assurances-vie est d’environ 1 400 milliards d’euros. Les lois qui tournent autour du fonctionnement de l’assurance-vie, notamment sur la partie fiscale et succession, se sont durcies ces dernières années. De plus, le gouvernement actuel ne cesse de vouloir grappiller encore plus d’argent via les taxes et les impôts car les caisses sont vides. Il ne faudrait pas grand-chose pour sauter le pas (2 000 – 1 400 = 600).