La nourriture industrielle transformée contient généralement beaucoup de sel afin de donner du goût à des aliments qui n’en ont plus. C’est pareil avec le sucre. Le danger vient de la surconsommation de sel liée à la surconsommation de nourriture industrielle. Comme je vous encourage à tout acheter brut et à cuisiner vous-même, voici comment mettre du goût dans vos plats tout en prenant soin de votre santé.

(Avertissements : Je tiens à préciser que tout ce que je vais partager avec vous est à appliquer en plus de vos prescriptions médicales. Demandez toujours l’avis d’un professionnel de la Santé si vous avez un doute ou si vous voulez savoir si mes conseils sont compatibles avec votre situation personnelle. En effet, chaque être humain étant unique, le fonctionnement physiologique du corps peut facilement varier d’une personne à l’autre.)

 

Sel de mer non-raffiné

Consommer quotidiennement trop de sel est nuisible pour la santé. Pourtant le sel est indispensable à notre corps pour bien fonctionner. C’est pourquoi il ne faut pas rentrer dans l’effet inverse qui serait de complètement arrêter de manger du sel. L’idéal est toujours dans l’équilibre, à mi-chemin entre ces deux extrêmes. Donc il faut quand même consommer un peu de sel chaque jour, en prenant en compte ce que vous rajoutez au sel déjà présent à l’intérieur de vos aliments.

En ce qui concerne le sel que vous ajouterez vous-même, choisissez un sel de qualité. Oubliez le sel de table classique, très blanc, qui a été raffiné. Il contient généralement des additifs afin de mieux le conserver. Ces sels bas-de-gamme sont souvent enrichis après coup d’iode et/ou de fluor. L’apport d’iode est cruciale pour lutter contre divers problèmes de santé, or l’iode se trouve naturellement dans tous les aliments provenant de la mer. Un sel de mer non-raffiné contiendra donc plusieurs minéraux bénéfiques pour la santé en plus du NaCl classique dont la quantité sera moindre qu’un sel raffiné à poids égal. Concernant le fluor, c’est un produit soupçonné d’être toxique à long terme pour notre corps, donc évitez les produits industriels enrichis en fluor (notamment les dentifrices).

Dans la production française de sel, le sel de mer non-raffiné le plus connu est le fameux sel de Guérande. Ce sel a une IGP (Indication Géographique Protégée) ainsi qu’un « Label Rouge » ou une certification « Nature & Progrès », selon les produits. Il est naturellement de couleur grisâtre, preuve qu’il n’a pas été raffiné. Cherchez la mention « sans additifs » pour être sûr. On peut en trouver facilement en grandes surfaces et dans les magasins BIO.

Le plus économique est d’acheter du gros sel qu’on moud soi-même avec un moulin à sel. Sinon, on trouve aussi du sel déjà moulu (sel fin). Le must niveau goût reste la fleur de sel, à utiliser avec parcimonie car elle a plus de goût que le sel fin ou le gros sel.

Une fois familiarisé avec le sel de Guérande, vous pourrez explorer toutes les variétés de sel qui sont vendues dans le commerce. Les diverses origines géographiques vont influencer le goût et les teneurs en micro-nutriments. Varier les types de sel que vous consommez vous permettra d’équilibrer leurs apports en minéraux.

 

Les épices

Les épices sont le moyen idéal pour apporter du goût à vos plats faits maison sans mettre beaucoup de sel. Elles ont toutes un effet positif sur la santé, mais certaines se démarquent très nettement des autres de par l’importance de leurs bénéfices santé. Ce sont celles-là que je vais évoquer ci-dessous.

Sachez que les épices fraîchement moulue sont meilleurs en termes de goût et de santé. Il vaut mieux acheter des épices entières et les moudre soi-même avec un moulin à épices. Si vous achetez des épices déjà moulues sous forme de poudre, choisissez celles qui sont stockées dans un emballage hermétique, à l’abri de l’air. En effet, les épices en poudre vendues sur les marchés à l’air libre sont oxydées et leurs arômes se sont envolés.

Les épices tiennent assez bien à la cuisson, surtout au niveau du goût, donc vous pourrez les ajouter en début de recette, si besoin. N’hésitez pas à essayer les autres épices non-mentionnées ci-dessous, comme la muscade, le cumin, le safran, la cardamome, le carvi, le paprika, le piment ou la vanille. Essayez aussi les mélanges d’épices comme le curry, le tandoori, le colombo, le chili, le quatre-épices ou le ras el hanout.

 

1) Le curcuma

Surnommé « le safran du pauvre », le curcuma est très populaire en Asie. Il peut servir de colorant, de conservateur, ou d’antidouleurs. Sa molécule active, la curcumine, est très étudiée par les scientifiques car elle a des effets anti-inflammatoires, antioxydants, antiseptique et antibactérien très puissants. Des recherches ont même mis en évidence l’action bénéfique du curcuma pour lutter contre certains cancers.

Si vous achetez du curcuma en poudre, sa curcumine sera naturellement éliminée par le corps avant d’avoir pu entrer en action. C’est pourquoi il est recommandé de mélanger les poudres de curcuma et de poivre noir. Ce dernier contient de la pipérine. Cette molécule améliore grandement la biodisponibilité de la curcumine. Pour être encore plus efficace, ajoutez un corps gras, comme de l’huile d’olive par exemple, afin de mieux assimiler la curcumine. Ce problème de biodisponibilité ne se pose pas si vous utilisez du curcuma frais.

 

2) La cannelle

La cannelle est bonne pour la digestion, la respiration, elle est antiseptique, antifongique et vermifuge. Attention à la provenance, car il y a beaucoup de production à partir du cannelier de Chine (fausse cannelle cultivée partout dans le monde) qui n’a pas exactement les mêmes propriétés que la vrai cannelle issue du cannelier de Ceylan (produit au Sri Lanka, aux Seychelles et à Madagascar).

 

3) Le gingembre

Également très populaire en Asie, le gingembre a de multiples vertus. Il est utilisé contre les nausées, les migraines et les rhumatismes. Il a un effet protecteur sur la muqueuse gastrique, il combat les insuffisances biliaire et pancréatique, il fait baisser les taux de cholestérol et de triglycérides sanguins, il a une action anti-inflammatoire et soigne en particulier la douleur et les symptômes des rhumatismes inflammatoires.

 

Les herbes aromatiques

Les herbes aromatiques sont complémentaires des épices pour apporter du goût à vos plats. Elles ont également toutes des effets positifs sur la santé de par leurs concentrations élevées en molécules actives et en micro-nutriments. L’idéal est de les consommer fraîchement cueillies pour profiter au maximum de tous leurs bienfaits. Dans ce cas, introduisez-les en fin de cuisson ou au dernier moment avant de servir car elles sont très sensibles à la chaleur. Les exceptions à cette règle sont les aromates destinés à mijoter dans des sauces tels que le thym, le romarin et le laurier (ou autres herbes de Provence).

Voici une bonne occasion pour démarrer un jardin BIO, en pleine terre ou sur un balcon. En effet, les herbes aromatiques sont assez faciles d’entretien, même dans des jardinières. Si vous achetez des herbes déjà séchées, assurez-vous qu’elles sont à l’abri de l’air dans un emballage hermétique.

Consommées fraîches, les herbes aromatiques sont une source intéressante de chlorophylle. Le persil est connu pour être très concentré en cette substance. De même pour la menthe qui a une action importante d’assainissement de l’intérieur du corps grâce à la chlorophylle et à ses autres molécules actives. Elle aide aussi à la digestion. On utilise généralement la menthe verte dans l’alimentation et la menthe poivrée dans le champ médicinal (quelque fois dans l’alimentation mais à faibles doses tant son goût est fort).

Commencez par les classiques tels que l’aneth (avec les poissons), le basilic (plats méditerranéens), le cerfeuil, la ciboulette, la coriandre (plats asiatiques), l’estragon, le laurier, le thym, le romarin, la menthe (plats orientaux / plats anglais), le persil, l’origan, l’ail, l’échalote, l’oignon et même la lavande.

Après cela, allez chercher des sous-espèces différentes ou des herbes moins connues tels que l’ail des ours, l’anis, la badiane, la bourrache, la camomille, la marjolaine, la mélisse, la sarriette, la sauge, le serpolet et la verveine.

 

Les substituts

Il existe des condiments qui permettent de donner un goût salé sans utiliser de sel ou très peu. En plus, ces condiments sont très bons pour la santé. Essayez-les ! Parmi les plus connues, on peut citer la levure de bière (séchée en paillettes), le gomasio (95 % de poudre de sésame complet + 5 % de sel) et les mélanges d’algues séchées en fines paillettes. Vous pouvez également tester cette recette : réduire en poudre 4 noix de Grenoble et y mélanger avec 4 cuillères à soupe bondées de levure de bière en paillettes.

 

Mes conseils

Faites attention à l’accumulation de sel lorsque vous consommez plusieurs aliments industriels lors d’une même journée. Il vaut mieux cuisiner soi-même afin de contrôler plus facilement les quantités de sel ingérées.

Choisissez des sels de qualité provenant de différentes régions du monde, si possible non-raffinés pour qu’ils contiennent d’autres minéraux utiles pour notre corps en-dehors du NaCl. Vous pouvez équilibrer vos apports en iode à partir de sels de mer, de poissons, de crustacés, de fruits de mer et d’algues marines. Commencez par le sel de Guérande qui, outre la cuisine, peut aussi être utilisé ponctuellement en aquariophilie ou pour faire des lacto-fermentations.

Donnez du goût à vos plats faits maison en utilisant une grande variété d’épices et d’herbes aromatiques afin d’utiliser moins de sel. Ces condiments font partis des « alicaments », c’est-à-dire des aliments utilisés en médecine naturelle. Leurs propriétés sont maximales s’ils sont frais. Varier les plaisirs permet de varier les apports en micro-nutriments et en molécules actives. Tout comme le sel, évitez la consommation excessive d’épices, notamment pour les cas d’irritation du colon ou d’hémorroïdes.

Pour finir, voici une astuce pour ceux qui n’aiment pas les plats pimentés. Ajoutez du lait, de la crème fraîche ou un autre produit laitier dans la recette permet d’enlever le piquant tout en gardant un goût agréable de piment. De même pour un plat trop épicé, le lait va adoucir le goût.